samedi 19 mars 2011

Coopération rail-avion / Éclairages

Quand on dit alliance en aéronautique, on pense tout de suite aux trois grandes. Ces alliances regroupent des compagnies aériennes pour différentes raisons économiques. Ce qui est beaucoup moins courant c’est une alliance avion-rail, qui peut se révéler économique et écologique. En Europe, les distances entre grandes villes sont relativement courtes mais les compagnies aériennes et ferroviaires continuent de se concurrencer mais peut-on y voir une complémentarité?







En Europe, un trajet de moins de trois heures, centre-ville à centre-ville, est plus rapide en train. Même si l’avion met généralement met trois fois moins de temps, les trajets aéroport, centre-ville ainsi que les contrôles et attentes à l’aéroport sont plus longs que le vol lui-même. De plus en plus de lignes à grande vitesse sont créées entre les différentes villes européennes et les compagnies aériennes perdent des parts de marché. En cette période de low-cost, de pollution atmosphérique intense, faire voler un avion sur une courte distance est un non-sens économique et écologique.






L’Allemagne, par l’intermédiaire de Lufthansa et de la Deutsche Bahn, est pionnière en coopération avion-rail. Au lieu de se faire de la concurrence, ces compagnies proposent au passager un billet unique entre son lieu de départ et sa destination. Ainsi, des liaisons aériennes peu rentables ont été supprimées et remplacées par le train. Par exemple, entre Stuttgart et Francfort, on propose au passager achetant son billet sur le site de la Lufthansa un voyage depuis la gare de Stuttgart jusqu’à l’aéroport de Francfort sous la responsabilité de la compagnie aérienne. Les bagages sont enregistrés directement à la sortie du train à un guichet spécial. Il y gain de temps, voire de confort, pour le passager qui gagne au passage des miles, Lufthansa fait voler moins d’avions sur cette ligne peu ou pas rentable et la Deutsche Bahn remplit ses trains. En somme, tout le monde est content tout en produisant moins d’émissions de CO2. Cette expérience est menée aussi sur la ligne Cologne-Francfort où il n’y a tout simplement plus de vols. En Suisse, la compagnie Swiss propose des correspondances en train entre Zurich et Bâle d’office.


Image ( lufthansa.com ) promotionnant ses billets achetés pour un voyage en train plutôt qu'en avion ...


Imaginons le développement de ce système à grande échelle. Les compagnies aériennes pourraient se passer de ces courts courriers qui ne rapportent rien mais qui sont un service indispensable. Ce service serait proposé par le train. Un pays décentralisé tel que l’Allemagne pourrait se contenter de trois aéroports pour ses vols internationaux et intercontinentaux et un pays centralisé comme la France pourrait se contenter de CDG et de Nice. Les vols courts courriers sont ceux qui ont le plus d’impact sur l’environnement par passager et par kilomètre. Le check-in dans les principales gares européennes pourrait se généraliser et ainsi donner ou récupérer son bagage directement en ville. Un gain sur le personnel, sur les dépenses carburant et entretien pour les compagnies aériennes serait non négligeable.


Les compagnies gagnerait toujours de l'argent mais en dépenseraient beaucoup moins  ,tout en polluant moins !




Malheureusement, ce système de coopération sera difficile à généraliser et restera surement marginal. L’Allemagne est un cas rare où les lignes à grande vitesse y sont très développées en plus d’être un pays relativement plat et donc facile à traverser en train. La France et l’Espagne seraient de potentiels candidats pour ce système. Sans un réseau terrestre rapide, le temps de parcours augmente significativement et est moins intéressant que l’avion. Les infrastructures ne sont pas non plus adaptées à ce concept; si Charles-de-Gaulle est effectivement relié au réseau TGV, aucune connexion directe n’existe jusqu’à Marseille ou Nice. Même constat à Madrid où l’ AVE ne passe même pas par l’aéroport de Barajas. Les Etats doivent prévoir ce genre de travaux et coopérer avec le deux autres acteurs.


L’aviation nationale et court-courrier a encore de beaux jours devant elle. L’exemple de l’Allemagne pourrait ouvrir cette porte de la coopération et servir d’exemple pour d’autres pays qui désireraient développer son réseau de transport, comme les Etats Unis par exemple.


Source : l'article est rédigé par le Blog AeroNews .















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